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Qui suis-je ?

Il est un peu prétentieux d'écrire "à propos de moi", mais je suppose que vous vous demandez à qui vous avez affaire.

Je vous confie donc ici ma petite histoire.

Tombée dans la marmite du réchauffement

Quand je suis tombée dans la marmite du réchauffement climatique, je n'étais plus petite du tout. Je ne m'appelais pas Obélix, et le potage était très salé :(

Je peux vous dire qu'il y a eu, au bout de mon choc écologique, une crise sévère, qui m'a ôtée toutes mes forces. J'ai souffert pour la planète entière. Ça a duré des semaines. Je voyais tout en noir. Plus je me documentais sur ce qui nous attendait, et moins je pouvais dormir.

Impossible, pour moi, de me résoudre à laisser mes enfants (ils sont quatre, ils sont grands, mais ce sont mes petits...) vivre sur ce globe en galère. En même temps, partir avec eux sur la planète Mars ne me semblait pas, a priori, la meilleure solution. Pour y rencontrer Elon Musk, pionnier de la désertion terrestre, non. Pas possible.

D'abord, j'ai voulu sauver le monde

Ne doutant plus de rien, j'ai d'abord entrepris de sauver la planète avec mes gros bras musclés. Je croyais dur comme fer que le monde allait forcément se réveiller. Que si je faisais partie de l'équipe des éclaireurs, avec l'aide de Greta Thunberg et de Jean-Marc Jancovici, notamment, je pourrais faire pencher la balance du coté du changement. J'ai jeté toutes mes forces dans la bataille.

Avec mon plus beau clavier, j'ai commencé la rédaction de mon premier blog dédié à l'écologie : jefaismatransition.com. Une éphéméride des solutions écologiques au quotidien. 365 écogestes, un pour chaque jour. J'ai cherché partout, intercalé les gestes les plus évidents avec ceux auxquels peu de gens pensent. Mon challenge : proposer une méthodologie simple qui permette de réduire son impact environnemental sans aller garder des moutons en Ardèche. C'est à dire en continuant de vivre normalement, tout en se posant les bonnes questions.

J'écrivais mon blog à temps perdu. Mais le sujet me prenais tant les tripes que j'y pensais tout le temps. Le matin dans ma douche, je mesurais ma consommation d'eau. Je cherchais des idées au fond de mon bol de chicorée. J'arrivais au boulot en nage après 15 km à vélo de part et d'autre d'un col (j'habite en montagne). Ou alors en louchant sur le compteur de ma ZE (électrique 1ère génération) après un record du monde de lenteur pour limiter ma déperdition énergétique. Je n'étais plus motivée pour le boulot. Je n'étais plus motivée pour la culture. Je n'étais plus motivée pour les relations sociales, à moins qu'on m'écoute parler de la fin du monde, car on y allait tout droit si ça continuait comme ça...

J'avais développé un contre-argumentaire en béton armé contre tous les sceptiques de mon entourage. J'ai eu de moins en moins de sceptiques à convaincre autour de moi : non grâce à mon éloquence, mais bien parce que j'étais devenue l'oiseau de mauvaise augure. La rebelle à fuir.

Chercher à convaincre est inutile

Je me suis donc rendue à l'évidence. Pour lutter contre le réchauffement climatique, forces de conviction et de persuasion ne sont d'aucune utilité, à part enfouir le sujet dans la catégorie du politiquement incorrect.

Je suis alors entrée dans ma seconde crise de dépression environnementale sévère. Abandonner mes enfants à leur triste sort, voilà tout ce qu'il me restait à faire. J'étais une mauvaise mère. Je ne les avais même pas préparé à la catastrophe, tant qu'il était encore temps. Et c'était désormais trop tard. Mes enfants boivent du soda. Ils adorent le steak bien saignant, et ronchonnent après les légumes. Ils changent de mobile tous les 18 mois. Ils rêvent de 308 DCI décapotable. De voyages exotiques autour du monde. De cuisine intégrée. De dressing bien garni. Rrraaa !!!

Comme je ne suis pas du genre à me laisser glisser lentement dans la souffrance sans tenter de réagir, j'ai décidé, cette fois, de consacrer à cette expérience un nouveau témoignage, en éditant ce blog : Solastalgie-Merci. Pourquoi solastalgie ? Parce que ce mot m'a plu. Je ne savais pas que le sentiment que je ressentais face à la destruction de l'environnement portait un nom, et j'ai été heureuse de l'apprendre. Pourquoi merci ? Parce que mes recherches sur ce mal, et sur l'écoanxiété, m'ont amenée à renouveler mes expériences. Non plus dans les écogestes (que je connaissais bien, désormais), mais plutôt dans une tentative d'adopter un nouvel état d'esprit. Un état d'esprit où l'écologie devient naturelle, et où l'on n' a plus besoin de faire des tas d'efforts pour parvenir à un résultat.

Aujourd'hui, je me suis donné comme mission d'accompagner ceux qui souffrent de solastalgie et d'anxiété environnementale sur le chemin, non pas de l'optimisme, mais d'une adaptation qui porte ses fruits. Une adaptation qui permet de recouvrir une forme de sérénité, et qui apprend beaucoup sur qui je suis, et jusqu'où je peux agir. C'est une démarche qui présente aussi un bel avantage : celui de ne pas avoir de regret, parce qu'on a su réfléchir et agir plutôt que d'éviter d'y penser.

Ma Responsabilité Civique contre le Réchauffement Climatique

RC (responsabilité Civique) contre RC (Réchauffement Climatique). Ce n'était pas une assurance, mais l'anxiété se dilue dans l'action. Et la réflexion permet de trouver sa place dans cette crise écologique.

Comme je suis quelqu'un d'organisé, je suis mon PSE. Ce n'est pas un Plan Social pour l'Emploi, c'est mon Plan Stratégique pour l’Écologie. J'ai gardé de mes années universitaires le goût des sigles, ça fait sérieux et renforce ma motivation. Tous les matins, je parcours mon CGQOMEC (Cycle Global Quotidien d'Optimisation de Mon Empreinte Carbone).

(It's a joke).

En vrai, je suis distraite, impatiente et maladroite. C'est à dire que je veux tout, tout de suite, et que je ne me donne pas toujours les moyens d'y arriver.

Mais j'avance, et j'y vois beaucoup plus clair qu'auparavant sur les enjeux de notre temps. Je sais que je n'aurai pas de regret plus tard. Car j'aurai su regarder en face la gravité de la crise écologique, et m'insérer comme un maillon de la chaîne de ceux qui auront fait leur possible.

Aujourd'hui, je décide de sauter à pieds joints dans mon époque, même si elle m'inquiète souvent. Avec à la clé une belle surprise : réapprendre à vivre au présent, pour profiter de la vie en direct. C'est le plus bel apprentissage qu'il m'ait été donné de faire. Un art de vivre qui continue de m'étonner à chaque instant.

C'est dans le présent que niche le salut de l'avenir.

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Comment répondre aux sceptiques de l'action climatique

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