Solastalgie-merci.fr

Mon électricité est-elle verte ?

Dans la catégorie « Quelques sujets à suivre autour du climat », je partage avec vous ce que j’ai compris des enjeux climatiques.

Electricité verte garantie

Dans ma vie écologique, il y a une chose à laquelle j'ai pensé tout de suite : changer mon contrat d'électricité.

Contrairement à la production de tous les autres pays, l'électricité produite en France est très majoritairement décarbonée. Elle est essentiellement produite dans des centrales nucléaires (pour 70%) et dans des centrales hydrauliques (pour 11%). Le choix des énergies renouvelables (autres que l'eau) n'est donc pas impératif quand on veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre et qu'on vit en France.

Cependant, je pense que le solaire et l'éolien sont des énergies d'avenir (comme j'ai eu l'occasion de l'expliquer dans cet article). Et qu'il faut les développer en France aussi.

D'où la poursuite de mon idée : opter pour un contrat d'électricité "verte".

Mais, avec ce nouveau contrat, mon électricité est-elle vraiment verte ? J'entends parfois dire que ce n'est qu'un argument publicitaire...

Mon électricité est-elle verte, ou n'est-ce qu'un argument publicitaire ?

Chaque jour, j'utilise l'électricité qui arrive jusqu'à mon compteur : elle n'a pas de couleur qui m'en garantisse l'origine.

Et pourtant, cette électricité a pu être produite de façon bien différente :

  • dans une centrale nucléaire,
  • dans une centrale à charbon,
  • dans une centrale à fioul,
  • dans une centrale à gaz,
  • dans une centrale de retraitement des déchets,
  • dans une unité de méthanisation,
  • dans une unité de cogénération,
  • dans une centrale hydraulique,
  • dans un parc éolien,
  • dans un parc solaire.

Il y a donc de l'électricité qui envoie beaucoup de carbone dans l'atmosphère, que j'appellerai "électricité noire" : produite avec le charbon et le fioul.

Il y a de l'électricité qui envoie du carbone dans l'atmosphère, dont une partie au moins aurait quand même été émise, même si on n'avait pas produit de l'électricité avec. Je l'appelle "électricité blanche": produite avec les déchets, le méthane agricole, la cogénération.

Il y a aussi de l'électricité qui n'envoie pas de carbone dans l'atmosphère, mais à laquelle on peut associer des pollutions majeures (déchets), ainsi que des émissions indirectes (construction de la centrale, traitement des déchets). Je l'appelle "électricité violette" (ne cherchez pas : ce sont les couleurs les plus imagées que j'ai trouvées...) : produite à partir de l'atome.

Et il y a de l'électricité qui n'envoie pas de carbone dans l'atmosphère, même si on peut lui associer des pollutions indirectes (fabrication, extraction des matières premières), aux conséquences moins sévères (à mon sens) que l'électricité nucléaire. C'est l'"électricité verte", produite à partir de ressources renouvelables ne produisant pas de déchet : l'eau, le vent, le soleil.

Garantir l'origine de l'électricité verte

J'ai souscris un contrat d'électricité verte. Mais le courant qui arrive chez moi n’est pas différencié pour autant. Car le réseau d'électricité est le même pour tous, avec ou sans contrat vert.

Comment savoir, donc, si mon électricité est vraiment verte ?

Il est probable que, la plupart du temps, elle ne le soit pas. Car la part de l'électricité renouvelable dans la production d'électricité française est très minoritaire : environ 20 %. Ce n'est pas suffisant pour assurer à tout moment la demande de ceux qui ont des contrats verts. Les producteurs d’électricité renouvelable produisent à un moment donné l’énergie que nous consommons, mais pas forcément au moment où nous la consommons.

Pour m'assurer, cependant, que j'achète bien l'électricité renouvelable et décarbonée de mon contrat, l’Union Européenne a créé un outil de traçabilité qui régit le marché de l’électricité verte : la Garantie d’Origine.

Voici comment ça fonctionne. Les producteurs d’énergie renouvelable (et seulement eux) obtiennent des certificats de Garantie d’Origine (GO) en fonction de la quantité d’électricité qu’ils produisent. Une GO correspond à 1 MWh d’électricité produite au cours d’un mois donné.

Les producteurs vendent ces certificats aux fournisseurs d’électricité verte. Ces fournisseurs n’ont pas le droit de vendre davantage d’électricité que la quantité inscrite dans leurs certificats de Garantie d’Origine. Ce système de garantie européen permet aux consommateurs d'avoir confiance dans le fait que, quelque part, il y a eu une production d'électricité renouvelable qui correspond à leur consommation.

Encourager le développement des énergies renouvelables

Initialement, le système des certificats de Garantie d'Origine était aussi conçu pour financer le développement des énergies renouvelables. Avec ces certificats, l'électricité renouvelable est payée un peu plus chère que l'électricité non renouvelable. C'est justifié par le coût des investissements, qui rendent l’électricité plus chère tant que l'installation n'est pas amortie.

Dans la pratique, cet objectif n'est pas atteint, et c'est bien dommage. Le coût du certificat, décidé par l'UE, n'est pas suffisant pour compenser le surcoût des installations nouvelles. Il n'encourage donc pas l'augmentation des investissements.

J'ai quand même trouvé la solution à ma préoccupation écologique : le contrat "Premium". Ce contrat garantit que le fournisseur doit s'engager aux côtés de producteurs d'électricité solaire ou éolienne. Alors que, pour un contrat standard, il se contentera d'acheter des certificats de Garantie d'Origine liée à une électricité moins chère. Et l'électricité renouvelable la moins chère est hydraulique : un secteur dans lequel les investissements sont amortis depuis longtemps. Un contrat standard est bien un contrat "vert", mais qui ne présente pas d'intérêt pour aider au développement du renouvelable. Ce qu'il faut pour les développer, ce sont des installations solaires et éoliennes, qui produisent à des coûts un peu plus élevés.

Donc, plus il y aura de contrats "Premium", et plus la demande d'électricité solaire et éolienne sera importante. Et c'est cette demande qui suscitera les investissements nouveaux dans l'électricité renouvelable.

Choisir un fournisseur "premium" :

Mon fournisseur est Énercoop, 1er ex aequo (avec Planet Oui) sur la liste Greenpeace des fournisseurs les plus verts. Cette coopérative, écologiquement engagée, achète 55% d'électricité renouvelable non hydraulique.

Si, comme moi, vous voulez un contrat vert qui soit écologique, je vous conseille de ne pas hésiter à poser des questions précises sur l’origine de l’électricité achetée par votre fournisseur, et son engagement vis à vis des producteurs d’électricité renouvelable.

Aujourd'hui, l’électricité verte est encore beaucoup trop minoritaire pour espérer remplacer tout le courant que nous consommons.

La partager, pour avancer vers un monde plus écologique, implique de faire des économies d’énergie au quotidien.

Donc de garder un œil sur son compteur. Et de se faire un petit plan personnel de descente électrique.

(Il y a plein d'idées à mettre en pratique dans ce blog :)

Et vous, êtes-vous prêt à changer de contrat ? Peut-être l'avez-vous déjà fait ?

Vous pouvez lire aussi :

Peut-on produire notre énergie sans gaz à effet de serre ?

L'Ademe, une mine d'informations

L’écologie au quotidien est source de résilience.