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Les biodéchets ne sont pas des ordures

Dans la catégorie « Quelques sujets à suivre autour du climat », je partage avec vous ce que j’ai compris des enjeux climatiques.

Les biodéchets ne sont pas des ordures

Évidemment, faire un article sur la poubelle, ce n'est pas glamour. Et pourtant, le sujet des biodéchets est peut être celui qui m'a fait progresser en écologie comme aucun autre sujet.

Je vous explique et vous allez comprendre.

Tous les déchets d’origine naturelle, les biodéchets, ont la particularité de savoir s'effacer naturellement. On dit qu’ils sont putrescibles. C'est à dire qu'ils contiennent un programme pour disparaître, avec l'aide de champignons microscopiques et d'insectes à peine visibles.

Les biodéchets, c'est la preuve par 9 que la nature est fantastique, car elle ne produit jamais aucun rebut ! Alors que nous, Humains, fabriquons quantités de trucs dont nous finissons toujours par ne plus savoir que faire. Ces objets, ou ces produits, en "fin de vie", finissent par se dégrader... mais après des dizaines d'années, des centaines d'années, voire des centaines de milliers d'années (pour les déchets nucléaires).

Les biodéchets ne sont pas des ordures

Dans la nature, 100 % des déchets sont bio. Leur recyclage est prévu sans aucune intervention extérieure. Tout est inclut dans le cycle écologique. Les déchets sont mangés par des animaux nettoyeurs. Les restes, qu’ils soient digérés ou non digérés, se décomposent naturellement en corpuscules microscopiques, et regagnent la terre.

En réalité, parler de déchets bio semble contradictoire. Et cependant, l’homme n’a jamais bien su quoi faire avec. Avant l’invention des poubelles, tout était jeté à vaut-l’eau, ou à travers la campagne. En ville, la décomposition concentrait des bactéries en excès, qui pouvaient causer des maladies. Ailleurs, les habitants avaient davantage de place : plus proches de la nature, ils avaient appris à intégrer leurs déchets dans leurs pratiques agricoles.

Avec l’invention des poubelles, le destin des déchets nous est rapidement devenu mystérieux. Disons plutôt : inintéressant. Une fois l’effort réalisé de sortir des poubelles, pffuit ! on oublie ce qu’ils deviennent. On jette ce qui est sale, point. La société a trouvé un bon moyen pour ne plus reproduire les tableaux crasseux de la ville du XIXème siècle.

C’est ainsi qu’1/3 du contenu de notre poubelle grise part polluer ailleurs, alors qu’il pourrait nous enrichir ici.

Les biodéchets polluent plutôt que d’enrichir la terre

Traiter les biodéchets est inutile. Or, en les jetant dans la poubelle grise, nous rendons leur traitement nécessaire.

Ils sont alors intégrés dans le grand cycle de l'ensemble de nos déchets. Ils sont transportés, traités, enfouis ou incinérés. Toutes ces étapes coûtent cher en CO2.

D'abord, les biodéchets pèsent lourd, et augmentent les besoins en camions pour les transporter vers leur lieu de traitement.

Ensuite, quand la poubelle grise est apportée dans un incinérateur, les biodéchets suivent un traitement particulier. Comme ils sont très humides, ils brûleraient mal s’ils étaient mis directement dans l’incinérateur. On va donc les séparer des autres ordures, puis les faire sécher à part. Ensuite seulement, ils seront mis dans le four. Imaginez un peu tout le travail, et la dépense d’énergie correspondante.

La poubelle grise peut aussi gagner un centre d’enfouissement. Là, les choses ne sont pas plus simples. Car, quand il pleut, les déchets enfouis infusent dans les eaux d’infiltration. Des bactéries pourraient polluer la nappe phréatique. Il est donc interdit d'enfouir les biodéchets sans un traitement préalable d'élimination des bactéries. Il y a donc, là aussi, un tri et un traitement préalables.

Si on s'organisait différemment, en favorisant la biodégradation naturelle sur place, on économiserait du temps, de l'énergie, et des émissions carbone.

Les professionels trient leurs biodéchets

Pour amorcer ce processus, la loi française a prévu dès 2009 (avec la loi "Grenelle 2") le tri des biodéchets en amont, et leur valorisation sur place. On n’en a guère entendu parler, à l'époque, car seules certaines entreprises ou cantines étaient concernées. La loi s’est appliquée en premier aux gros producteurs de biodéchets (+ de 40 tonnes par an en 2014). Petit à petit, ce volume a été abaissé.

Cette loi doit s’appliquer aux particuliers à partir de 2025. Entre temps, l’Union Européenne a voté, pour tous les pays membres, l’interdiction de jeter les biodéchets dans la poubelle grise dès 2023. C’est demain.

Il y a donc des années que les pros trient et valorisent leurs déchets organiques. C’est déjà un progrès majeur. Mais il nous reste beaucoup à faire.

La leçon d'écologie de mes biodéchets

Grâce aux soins que j'apporte à mon compost, je peux admirer en direct le cycle de la nature. Et il est incroyable.

Chaque jour, j'ajoute de la matière dans mon composteur. Toutes les pelures de fruits et légumes y passent, y compris les peaux de bananes ou de citrons. Je les mélange à quelques feuilles mortes et des petits morceaux de bois déchiquetés. Et bien, ça ne déborde jamais. Mes biodéchets se tassent, se décomposent, puis disparaissent. La promesse de la nature est toujours tenue.

Si nous, humains, parvenions à l'imiter, en produisant des objets avec leurs programmes de dégradation, nous n'aurions pas de problème écologique. Si nous trouvions, pour chaque produit, le moyen de l'éliminer rapidement après usage, ç'en serait fini de la pollution.

Il faudrait faire un pas de côté, pour voir les choses autrement.

Impossible ? Mais pourquoi... ?

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