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L'avenir écologique que j'imagine

L'avenir écologique que j'imagine est une utopie réaliste.

Qu'est ce que ça veut dire ?

Et bien, ça veut dire que je pars du monde tel qu'il est aujourd'hui, et des vœux les plus couramment exprimés lorsque j'interroge mes lecteurs, pour créer une représentation possible de la société.

C'est une création imaginaire, certes, mais elle fait partie du champ des possibles.

J'ai entendu dire que la société de consommation étouffe notre imaginaire en l'orientant vers des rêves de consommateur : bridés par la vie idéale promue dans la pub (matérialisme), les jeux télévisés (richesse), les magasines ou les réseaux sociaux (image) ... pourquoi pas ? Mais tout ceci, en plus d'être inaccessible à beaucoup, n'est pas du tout écologique. Il nous faut aujourd'hui apprendre à rêver d'autre chose.

J'ai entendu dire aussi que les artistes, qui ont un accès facile à leur monde imaginaire, ont un grand rôle à jouer. Ils peuvent créer des représentations nouvelles. Des idées qui nous feraient envie. Des inventions qui nous feraient plaisir. Des desseins auxquels nous n'aurions pas pensé, tout étriqués que nous sommes dans nos rêves de consommateurs. Les artistes seraient des papillons qui, en mettant de la couleur dans nos paysages gris, seraient capables de nous faire rêver.

Alors, soyons clair : je ne suis pas artiste.

Et cependant, j'ai décidé aujourd'hui de créer mon utopie d'un monde écologique, tel que je l'imagine. Pas de la poésie, mais des idées.

Laissez-moi vous y emmener...

L'écologie du bonheur

Après tout, l'ambition de chacun/chacune est d'être heureux. J'ai donc cherché à décrire une certaine écologie du bonheur.

L ‘écologie du bonheur nous permettrait d'être en phase avec l’avenir et en paix avec nous-mêmes.

Cette ambition est autre chose que la vie idéale du spectacle médiatique : je possède cette grande maison, avec cette belle voiture devant, et ces enfants parfaits qui gambadent sur une pelouse tondue au ciseau, sous un soleil lumineux.

Ce n’est pas non plus le rêve d’un ailleurs idyllique, sur une île aux plages de sable fin léché par une mer turquoise, où je me pavane sous un cocotier en sirotant un cocktail rose.

Mon écologie du bonheur est une notion sérieuse, qui repose sur un équilibre personnel, relationnel et naturel, dans tous les aspects de la vie.

J'imagine … un avenir où je peux vivre selon mes valeurs, où la liberté n'est pas synonyme de pouvoir d'achat, où l'égalité permet à tous de se réaliser, et où la fraternité n'est plus un sous-produit du profit, mais le miracle de la solidarité en marche.

Dans ce monde, les erreurs des générations passées posent encore des problèmes, certes, et continueront d’en poser dans les décennies qui viennent. Mais l’horizon écologique s’est éclairci.

Nous nous souvenons du temps où tous les indicateurs étaient au rouge.Les médias agitaient à longueur de temps des risques et des catastrophes, tout en répétant que nous devions vivre autrement. Les grandes marques s’étaient emparées du marketing écologique comme d’une aubaine juteuse. Elles rivalisaient d’arguments verts pour nous faire consommer toujours davantage. Ce qu’elles n’avaient pas supposé, c’est l’influence que ces messages, tous très positifs, ont fait naître dans notre imaginaire collectif.

L'écologie, un art de vivre à la mode

La crise sanitaire a joué son rôle, bien sûr. Les états se sont mis à compenser le risque d’effondrement d’une économie à l’arrêt, puis très ralentie. Ils ont réalisé massivement les investissements verts dont ils parlaient depuis des années.

Enfin, l’argent n’est plus un problème ! Les taux d’intérêt, très bas, ont réduit le prix de l’argent. L’endettement ne fait plus aussi peur qu’avant. Et des milliards ont pu être débloqués, notamment pour accélérer la transition énergétique.

Très vite, la mode a basculé vers la modération, la sagesse et la tempérance. La médiété, prônée par les Grecs dans l'Antiquité, devient un art de vivre facile et plaisant à mettre en œuvre. Les S.U.V., symboles de l’indifférence écologique, ont vu leurs ventes chuter. Les petites voitures électriques ont eu le vent en poupe, mais surtout : le vélo est revenu à la mode. Parfait pour se maintenir en forme et se déplacer rapidement dans un rayon proche. D’autant plus que les véloroutes se sont considérablement développées, nous permettant de rouler en toute sécurité.

Les Français, comme l’ensemble des habitants des pays riches, ont découvert la multimodalité. Grâce à leurs téléphones intelligents, il est devenu facile de se déplacer loin grâce à plusieurs modes de transports : tram + trottinette électrique, train + vélo, bus + marche à pied, covoiturages multiples, etc. Un vrai jeu, depuis que nous avons appris à anticiper nos déplacements bons pour la planète !

L’écologie est devenue un art de vivre à la mode. Elle a encouragé la solidarité, et remis le voisinage au cœur de l'entraide et du partage.

Ce qui a permis cette transition, notamment, c’est le fait que le temps disponible est devenu bien mieux valorisé que le pouvoir d’achat.

Une écologie du temps

Avant, le travail était au centre de nos vies. Il nous prenait l’essentiel de la journée, 5 jours par semaine. On lui sacrifiait presque tout notre emploi du temps . Toutes les autres choses à faire devaient être casées en dehors du temps de travail. D’où les doubles journées, parfois, et la difficulté de se dégager du temps pour ses loisirs, ou tout simplement pour flâner.

Aujourd’hui, paresser n’est plus un luxe. Le travail n’est plus la priorité absolue. Nous avons renoué avec notre nature. Consommer selon ses besoins, n’avoir plus qu’une seule voiture par foyer, et souvent plus aucune, réduire ses factures énergétiques, mutualiser ses outils ou son électroménager, acheter d’occasion, donner ou recevoir, habiter des logement plus petits ou cohabiter : toutes ces nouvelles habitudes nous coûtent beaucoup moins cher, et nous font gagner beaucoup d'ami.e.s.

D’où le choix qui nous a été donné de travailler moins, pour gagner moins… d’argent, et plus… de temps !

Depuis que nous pensons à préserver notre temps libre, nous avons du temps : à partager avec nos proches, ou pour créer, s'engager dans une pratique artistique, échanger, lire, jouer, apprendre… Plutôt que de courir sans arrêt pour pouvoir tout boucler, comme nous devions le faire auparavant.

Et surtout, nous avons le temps de penser, de réfléchir. D'anticiper les conséquences de nos choix. De ne plus faire n’importe quoi, n’importe comment. Le temps de soigner notre présent, pour ne plus risquer d’avoir des regrets, un jour. Mais aussi le temps de cultiver l’avenir. De semer aujourd’hui des graines pour demain. Et cette nouvelle attention a ressuscité l’espoir.

La planète se réchauffe, et nous faisons face

Il est loin, le temps où les jours se succédaient à d’autres jours identiques, tous aussi pollués de menaces, à la fois connues et diffuses. Quand nous avions en bouche le goût de l’amertume et la peur de l’avenir. Bien sûr, la planète se réchauffe. Mais nous avons bon espoir de limiter les dégâts à +1,5 °C. Bien sûr, les glaces fondent et la mer monte. Mais un plan sérieux de relocalisation des populations menacées a permis aux sinistrés de sortir du cauchemar. Et à la solidarité de s’exprimer, pour les accueillir dans les territoires préservés.

Bien sûr, les usines polluent toujours. Mais beaucoup moins. La production a été relocalisée à proximité des consommateurs. Ceux-ci ont des besoins plus réduits. Et surtout, la filière de recyclage et de réparation a développé des emplois locaux un peu partout dans le monde. L’ingéniosité et la créativité de ces techniciens pour faire du neuf avec du vieux, et nous donner envie de nous attacher à tous nos objets, c’est presque de l’art ! D’ailleurs, mon petit-fils est devenu costumier : avec des coupons de vêtements recyclés, il coud de magnifiques tenues sur mesure, à porter les jours de fêtes.

Les jeunes (et les moins jeunes) ont levé le nez des écrans pour s’intéresser aux autres. Ainsi qu’à l’ensemble des occasions de vivre des choses nouvelles, sans Métavers. Car on peut dire que c’est ça qui a le plus changé : les habitudes.

L’élan qui nous a tous porté vers un nouveau mode de vie nous a appris une chose : changer demande de l’énergie. Mais une fois changés, nous sommes fiers et heureux, et nous voyons le monde autrement. Nous n’hésitons plus à sortir de notre petite zone de confort, pour faire des expériences. Les réseaux sociaux sont chargés des défis que les uns et les autres souhaitent partager.

La vie en jeu, l'enjeu de la vie

Petit à petit, la peur de la nouveauté a fait place à cette culture du challenge. Sans bravade ni fanfaronnade : nous sommes devenus de vrais joueurs pour explorer toutes les possibilités que nous offre la vie. C'est que nous avons eu chaud !

Désormais, les rencontres, les inventions, les échanges (et même les conflits, que nous avons appris à résoudre sans tension), les expériences, les exploits, les tentatives, les idées, font partie de notre univers quotidien. Et nous communiquons largement entre nous. L'Humanité avance dans le bon sens grâce à cette exploration de nous-mêmes, et la fin de sa soumission aux exploiteurs ou aux traders. Ce changement fait la fierté de tous et toutes.

Alors, que dites-vous de mon imagination ...? Vous ai-je emmené avec moi ? Ou trouvez-vous décidément critiquable d'être utopique ?

Si vous optez pour la dernière réponse, laissez-moi tenter de vous convaincre encore, en citant Théodore Monod :

"L'utopie n'est pas l'irréalisable, mais l'irréalisé".

Et pour vous : que faudrait-il enfin réaliser ?