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Imaginer ses rêves écologiques pour redonner un sens à l'avenir

Pour le sujet d’aujourd’hui, je vais vous faire un aveu qui pourrait vous étonner.

En dépit de mon âge (pas encore très grand, mais déjà avancé), j’ai toujours gardé une tendresse particulière pour les Barbapapa. Enfant, j’aimais beaucoup ces personnages au caractère à la fois humain, animal, végétal et gourmand, toujours créatifs (barbatruc !), bienveillants, nomades, ouverts, et n’ayant guère de besoins autres que de communiquer, de découvrir, et d’être bien ensemble.

Ce monde enchanté a contribué à nourrir l’idéal que je me suis fais du monde.

Aujourd’hui, je dois reconnaître que la crise climatique et environnementale a confisqué une bonne partie de mes rêves d'autrefois.

Et pourtant, je vous invite aujourd'hui à partir à la redécouverte d'un monde idéal. Peut-être pas celui dont nous rêvons depuis l’enfance. Plutôt le fameux « monde d’après », auquel nous aurions envie de participer, et qui reste à inventer.

Un monde meilleur, sans crise écologique, sans écoanxiété ni solastalgie. Quel serait-il ? Pourrions-nous lui donner une forme, un mouvement, une dimension ?

Même si une petite voix s’obstine à nous souffler : « faut pas rêver... », qui nous en empêche ?

Le rêve, contrairement au désir, n’a pas à être déçu : il occupe notre monde imaginaire, et nous savons bien qu’il ne gagnera pas le monde réel. Mais l’imagination est un processus qui est utile et nécessaire à la construction du futur, en donnant un sens à l'avenir.

Voyons comment.

Redonner un sens à l'avenir, c'est un chemin nécessaire

Une vie sans aucun rêve n’aurait pas de sens. Même si aucun rêve ne devient réalité, son utilité est fondamentale. Il permet de se projeter dans le futur. C’est le tout début d’un projet.

L' opposé du rêve est le cauchemar. Choisirions-nous un cauchemar pour vision de l’avenir ? Assurément, non.

La difficulté de se projeter dans le futur entraîne une perte de sens dans la vie. C’est ainsi que nous, les personnes solastalgiques, vivons notre époque. Tout est incertain, et, globalement, assez effrayant.

Rêver de nouveau, rêver davantage, et partager une vision du monde plus positive, c’est un excellent début pour se projeter dans un changement compatible avec ce que l’on imagine. Toute image positive peut entraîner une projection qui suscite l’envie d’agir.

Et lorsque nos actions sont portées par un rêve précis sur le monde de demain, elles ont du sens : non seulement pour nous-même, mais également pour tous ceux avec qui nous les partageons, ou qui ont l'occasion d'observer nos actes, nos choix. A commencer par nos enfants.

Pour lutter contre la solastalgie, ou la crainte de l’avenir, utilisons donc davantage cette qualité typiquement humaine, et largement sous-utilisée : l’imagination.

Actuellement, écrivains et réalisateurs rivalisent d’imagination pour nous proposer dystopies et catastrophes. La vision du pire est censée nous faire réagir. Je crains qu’elle ne nous paralyse, au contraire, et nous enferme dans une vision désespérante du futur. Dans ces conditions, comment retrouver la force et l’espoir qui, seuls, peuvent nous pousser à agir ?

Ces auteurs.rices nous démontrent au moins une chose importante : les possibilités de l'imagination sont infinies.

Utilisons-les plutôt pour rassembler toutes les images positives qui pourraient faire un avenir désirable. Créons une université de l’avenir, et travaillons à l'imaginer !

L’idée précède toujours la réalisation

Les neuroscientifiques, très écoutés actuellement, nous expliquent que le cerveau ne fait aucune différence entre une situation réelle ou une situation fictive, dès lors qu’on lui demande de trouver des solutions à un problème posé.

Comme l’idée précède toujours la réalisation, l’imagination permet de concevoir des solutions tout à fait variées à tous les problèmes que nous rencontrons, et dans toutes les situations, même les plus incroyables.

De nombreux inventeurs et scientifiques, ont révélé que leurs inspirations n’étaient pas le résultat d’un travail logique et rationnel, ni d’un long labeur, mais plutôt le produit d’une intuition, ou d’une image rêvée.

L’exemple le plus célèbre est la théorie de l’espace-temps, tellement révolutionnaire, pour la science de l’époque : Einstein a affirmé qu’il utilisait son imagination devant tout problème à résoudre. L’équation est au service de la théorie, mais non l’inverse.

C’est un trait propre aux génies que d’imaginer les solutions qui servent leur art. Des intuitions géniales ont guidé les œuvres de Léonard de Vinci, Mozart, et tant d’autres. Cela n’enlève rien au travail nécessaire pour produire. Mais l’intuition crée une formule musicale nouvelle, une invention prodigieuse, un mode d’exposition inattendu. Le modernisme, l’originalité, le changement, commencent par une idée.

Rêver d’écologie et de monde idéal pourrait jouer un rôle déterminant sur le futur. Selon le psychiatre Carl Gustav Jung, les rêves individuels seraient reliés à une dimension d’inconscient collectif. Les rêves contiennent des symboles qui entretiennent le lien entre notre inconscient et notre conscience. En nous laissant glisser vers le catastrophisme, l’effondrisme ou une vision cataclysmique du futur, nous entretenons des images collectives qui renforcent nos difficultés à réagir.

Nos projections jouent un rôle sur le monde que nous construisons ensemble. Soyons imaginatif pour aller vers un avenir positif !.

Rêver au monde de demain est une affaire sérieuse

Je vous propose, à la manière d’Einstein ou de Léonard de Vinci, de vous exercer au rêve éveillé. En y consacrant, par exemple, 5 minutes de votre journée. Car rêver au monde de demain est une affaire sérieuse, et il s'agit de lui faire un peu de place. Des idées ne peuvent émerger que si on leur consacre un peu de temps de cerveau disponible. Sinon, elles ne peuvent naître, et nous nous priverions peut-être de belles visions d'avenir.

Prenez un carnet ou un cahier spécial, et commencez à inscrire les titres de votre monde futur idéal. Vous aurez ainsi toute la page pour, dans un second temps, noter les idées qui vous viennent sur ce thème. Je suis absolument certaine que vous ne tarderez pas à être très surpris.e de votre production !

Pour vous exercer à sortir de votre cadre de référence habituel, il existe de nombreuses techniques qui stimulent l’imagination. Le prochain article en développe une, exemple à l’appui.

En attendant, je vous livre quelques uns des rêves écologiques de ma liste :

  • Une priorité mondiale a été donnée au logement : chacun a un logement bien isolé, correctement chauffé, ou frais, où il fait bon vivre sans grande dépense énergétique.
  • Tout ce que nous mangeons, ou presque, est varié, naturel, sain, frais, et produit ici. Le monde est redevenu un immense jardin, où plus personne ne souffre de la faim.
  • A la majorité, chaque jeune se voit attribuer un droit au voyage, sous forme d’un compte personnel en kilomètres.
  • Les marchés et brocantes constituent des lieux de sociabilité où les gens se rencontrent, achètent ce dont ils ont besoin, partagent un repas ou un verre, et refont le monde, à l’image des cafés d’autrefois.
  • Mon rêve ultime : que cette liste se prolonge aussi loin que possible, formant ainsi une utopie collective appartenant au plus grand nombre de personnes possibles.

Ajouterez-vous l’un de vos rêves à cette liste ? D’abord en commentaire ci-dessous. Je m'engage à publier votre liste des rêves écologiques dans ce blog :)

A vos marques… Prêt.e ? Imaginez !

Prochain article à suivre contre la solastalgie : une technique imparable pour aider à trouver des solutions pour l'avenir.