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Fini la culpabilité avec l’Ecologic Manifesto

La culpabilité, ça me connaît. J'en fabrique au kilo, et j’imagine que ce talent douteux doit me venir de mon enfance (mais là n’est pas la question).

Il suffit d’une petite remarque, du genre :

- Ah, oui, tu vas en Grèce. Mais tu prends l’avion... ? (ben...non, voiture + bateau, mais question écologie, c’est presque pareil).

- Ah bon, t'as une voiture électrique ? Mais tu as pensé à son empreinte écologique, vraiment ? Toutes les terres rares qu’il faut sortir au bulldozer, c’est pas top. Et puis on ne sait pas recycler les batteries… (ben oui, c’est vrai, même si ma voiture reste quand même moins impactante).

- Ah mais je pensais qu’en venant manger chez toi, ce serait végétarien… non ? (ben...j’aime bien, personnellement, mais j’ai un mari qui entretient une passion avec la viande).

Bref, voyez le topo. Et même si personne ne me pose toutes ces questions : je suis capable de me les formuler toute seule dans ma tête !

C’est parti pour l’apparition d’une bouffée de culpabilité, et oui : ça fait mal…

Pour éviter la culpabilité, faut-il atteindre la perfection écologique ?

Tout se passe comme si, avec mon engagement écologique, je devais être parfaite. Incarner l’icône de la sauvegarde de la nature, à moi toute seule. La fée de la transition écologique.

Il me semble également qu’il me faudrait exiger de moi de tout savoir sur tout ce qui fait l’écologie. Or je sais bien, depuis le temps que je me renseigne, que rien n’est simple dans ce domaine. Je sais aussi que j’ai encore beaucoup plus de questions que de réponses à donner.

Il y a des trucs que l’on croit écologiques, et qui ne le sont pas tant que ça. Par exemple : l’agriculture biologique.

Je sais aussi, pour les expérimenter chaque jour, que l’écologie repose sur quelques principes de base, et qu’après : il faut faire avec les contraintes de sa vie. Une personne = une écologie.

Autant vous dire une chose : ajouter de la culpabilité à la solastalgie, c’est dangereux pour mon état mental.

Alors, que faire pour devenir plus écologique tout en évitant la culpabilité ?

Pour répondre à cette question déterminante pour mon avenir écologique, j'ai essayé de rechercher l'origine du sentiment de culpabilité.

D’où vient la culpabilité ?

La culpabilité est une émotion négative qui surgit en cas de transgression morale. Quand j’ai l’impression de mal agir, je me sens coupable.

Cette émotion nous provient d’une époque très ancienne, préhistorique, durant laquelle il était souvent question de survie. Par exemple, quand un parent ne faisait pas le nécessaire pour son bébé (le nourrir, le protéger, le soigner), et que l'enfant mourrait, le sentiment de culpabilité poussait les parents à rechercher une solution pour que ce drame ne se reproduise pas.

Moi qui suis une mère dans l’âme, je me rends très bien compte de l’utilité originelle de la culpabilité.

Quand la sécurité d'un enfant, ou d'une personne, est en jeu, la culpabilité peut être salutaire. Et pourtant, il y a bien d'autres moments où l'on se sent coupable sans qu'il ne soit question de survie.

Comment l'expliquer ?

La culpabilité renvoie à la peur d’être rejeté.e

Un autre ressort psychologique de la culpabilité est à rechercher dans la crainte, puissante et archaïque, que l'on a tous, d'être exclu.e et rejeté.e.

La peur du rejet peut être à l'origine d’une culpabilité latente, qui se construit très tôt, quand un enfant a l'impression qu'il rend ses parents malheureux.

La punition, qui est l’une des bases de l’éducation occidentale contemporaine, accentue ce ressenti : « je suis puni.e parce que j’ai mal fait, donc mes parents me rejettent ».

Aujourd’hui, quand j'ai l'impression de ne pas être à la hauteur (par exemple à la suite des réflexions que j’ai entendues sur l’insuffisance de mon engagement écologique), mon réflexe est le même : je ressens de la culpabilité.

Je me sens alors tenue de me conformer à l’idéal écologique que je poursuis non plus pour rendre mes parents heureux, mais dans l'idée de sauver l’humanité entière (parce que je suis grande, maintenant…). Mes pauvres épaules ne sont pas toute-puissantes, mais craignent toujours autant le rejet.

Alors, si la culpabilité peut être utile à la parentalité, ou à l'inclusion sociale, peut-elle être utile à l’écologie ?

Adopter une écologie non coupable

La culpabilité est donc une émotion douloureuse qui me pousse à agir différemment. Même si ça n'apporte pas toujours un changement d'attitude, le mécanisme s'enclenche, et ça fait mal.

Mais si mon désir de changement écologique se convertit automatiquement en souffrance, je crains que ma motivation baisse dangereusement. Rien de tel que la souffrance, à mon avis, pour me pousser à l’immobilisme, et penser à autre chose, de peur d'être rongée par la culpabilité.

Alors, serait-il possible d’utiliser la culpabilité sans en souffrir, uniquement pour progresser ?

Je suis convaincue que oui, pour l'avoir expérimenté à maintes reprises.

Je me suis entraînée à identifier toute culpabilité d'ordre écologique, le plus rapidement possible. C'est plutôt facile, car les remarques des autres (ou les miennes, dans ma tête) sur mes choix peu écologiques déclenchent une salve d'émotions tout à fait identifiables.

Je cherche alors à transformer ma réponse en une séquence de solutions, plutôt que de souffrir ou de me justifier.

Je m'exerce ainsi à dépasser la culpabilité, et à gagner confiance en moi.

Je vous donne un exemple : en reprenant les questions plus haut, voici mes nouvelles réponses :

  • C'est vrai que j’aime la Grèce, et que je ne souhaite pas arrêter d’y voyager. Je respecte mon engagement d’arrêter l’avion, et je m’informe sur les progrès écologiques des transports maritimes. Une autre chose que je fais pour concilier mon amour de la Grèce et mon engagement écologique, c’est d’y aller moins souvent. J’ai ainsi appris à retrouver, en France, dans les paysages et les usages, des traits communs avec la Grèce : c'est un voyage dans la tête. Et je me suis inscrite à un cours de Syrtaki, pour retrouver l’ambiance de ce pays merveilleux.
  • En effet, la voiture électrique a encore bien des défauts. La mienne est de la 1ère génération, avec peu d’autonomie. Mais je l’utilise au quotidien, pour réduire mes émissions carbone et la pollution de l'air. Et pas question d’en acheter une autre, ni de changer mes batteries : je l’amortirai aussi longtemps que je pourrai. J’espère la conserver 30 ans !
  • Vrai, nous mangeons toujours de la viande. Mais tu verras, celle-ci est très bonne : la bête a vécu ici, et elle a connu la prairie tout au long de sa vie. Et comme une viande de qualité est plus chère, nous ne la gaspillons pas, et en achetons moins souvent.

Définir ma zone de responsabilité

Me sentir responsable de mon comportement, ou de mes choix, est une prise de conscience qui peut déconnecter la culpabilité.

Par exemple, je suis responsable de mon choix de voyager. Je peux aller en Grèce, ou pas. Si j’y vais, je peux y aller en train, ou pas. Si je choisis ma voiture, je peux proposer un covoiturage. Je fais ce que je peux pour rendre ce voyage moins coûteux pour l'environnement. C'est ma responsabilité, et je ne me sens pas coupable de l'ensemble des émissions carbone du tourisme international.

Définir ma zone de responsabilité exclut automatiquement ce qui ne relève pas de mon ressort. Cette zone forme un espace limité autour de moi, dans lequel mon action est possible. Je ne me sens pas responsable des choix historiques du capitalisme, ou du mode de vie occidental. Ni coupable d'en avoir hérité.

Affichez l’Ecologic Manifesto !

Il est temps de vous présenter mon Manifeste écologique.

Il transcrit ma façon d’être positive, qui exclut toute culpabilité.

Je l’ai affiché devant mon bureau, histoire de garder mon cap écologique avec optimisme. Je le regarde très souvent, il m'aide à me rappeler à tout moment quelle est ma propre zone de responsabilité. C'est très motivant.

Cliquez sous l’image pour obtenir le lien vers l’espace de téléchargement de l’Ecologic Manifesto, qui vous permettra de l’imprimer pour vous, ou de l'afficher sur le bureau de votre ordinateur.

Ecologic Manifesto

Imprimer l'Ecologic Manifesto.

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Mon prochain article contre la solastalgie : Des rêves écologiques à partager...